EVALUATION
                                 DE
                           VACANCES



TRAVAIL DE VACANCES
A RENDRE A LA REPRISE DES COURS
(Travail individuel)



 
Consignes: faire le résumé de ce texte, ressortir les grandes idées du texte, ressortir le thème central du texte et enfin faire un bilan du texte sous forme de rédaction en lien direct avec votre filière de formation (donner l'apport sociologique du texte).

 
 
Qu'est-ce qu'un laboratoire pharmaceutique ?

Tous ceux qui se sont opposés, au cours de ces cinquante dernières années, au laboratoire de l'étude contre placebo ont été battus. Ses différents ennemis se sont redéfinis au fil du temps. Au départ, de nom-breux responsables de l'industrie pharmaceutique française s'y sont opposés. D'une certaine manière, le laboratoire de l'étude contre placebo a donc été un puissant régulateur de l'industrie pharma-ceutique elle-même, remettant souvent en jeu les hiérarchies existantes. Il est un régulateur des flux de capitaux. La puissance de cette axiomatique est, là encore, si forte qu'elle peut hisser un laboratoire pharmaceutique de taille moyenne dans la cour des plus grands en quelques années et avec un seul produit. Le laboratoire de l'étude contre placebo est une source d'instabilité fondamentale et permanente pour la hiérarchie des entreprises de ce secteur. Tous les industriels du médicament savent désormais que c'est du bon fonctionnement du la-boratoire de l'étude contre placebo que dépendent l'avenir et les grands succès économiques de leur société.
Michèle Ruffat rapporte le témoignage de François Besançon, fils de Louis-Justin Besançon, qui fut un grand patron de l'industrie pharmaceutique fran-çaise dans les années soixante : « Confier une molécule à des cliniciens après avoir vérifié son innocuité et puis trouver des indications, cela ne se fait plus, c'est interdit maintenant. Mon père convenait merveilleusement bien à une époque de l'industrie pharmaceutique, aujourd'hui il aurait fait autre chose... Autant il a été fantastique dans les années cinquante, autant à partir des années soixante-dix il s'est trouvé inadapté dans l'univers des contraintes administra-tives... Il ne s'est pas intéressé aux essais contrôlés dans la période clef des an-nées soixante-dix... Les essais comparatifs avec tirage au sort, il leur a été hos-tile au moment où il aurait dû être en avance dans ce domaine » (Michèle RUFFAT, 775 ans d'industrie pharmaceutique française, op. cit., p. 146).
Philippe Pignarre, Qu’est-ce qu’un médicament ? (1997) 155
Figure 4.
Le laboratoire de l'étude contre placebo régule et transforme principalement trois types de flux.
On est donc passé en moins d'un siècle d'une situation où ce qui était éthique c'était que le médecin donne au pharmacien les indica-tions pour que ce dernier fabrique un médicament adapté, à une situa-tion inverse où une nouvelle figure du pharmacien propose des médi-caments au médecin avec les impératifs liés à leur utilisation. En ce sens, il est juste de parler de « révolution thérapeutique ». C'est un changement radical dans l'histoire de la médecine : ce n'est plus prin-cipalement celle des médecins et de leurs découvertes et inventions que l'on fait à partir des années quarante, mais celle des nouvelles thé-rapeutiques inventées ailleurs que dans le cabinet médical, avec la mobilisation (et la prolifération) de multiples spécialistes (chimistes, physiciens, biologistes, statisticiens) qui forment la nouvelle « figu-re » du préparateur. Michel Foucault, dans Naissance de la clinique, a montré le changement survenu au début du XIXe siècle : on ne dit plus « Qu'avez-vous ? », mais : « Où avez-vous mal ? » Un changement tout aussi important est survenu avec la révolution théra-peutique. La nouvelle question pourrait désormais être : « Quels mé-dicaments seront les plus efficaces dans votre cas ? » ou même : « Quels médicaments ai-je le droit de vous donner ? » L'invention médicale au sens propre du terme (invention de la clinique) disparaît

au profit de l'invention des thérapeutiques, alors que celles-ci étaient totalement obscures et incompréhensibles lorsque l'histoire de la mé-decine se confondait avec l'histoire des médecins. Le préparateur, ancêtre du pharmacien, semblait souvent à peine digne d'être mentionné. Et voilà que c'est chez lui que la médecine contemporaine s'invente. Il a inventé un mode de fabrication originale et nouveau des médicaments : ils doivent être efficaces indépendamment du médecin et de toute relation thérapeutique particulière. La figure du pharma-cien qui paraissait si absente s'impose désormais dans toute sa gran-deur et a pris la forme d'une industrie.
On peut ainsi comprendre pourquoi les entreprises pharmaceuti-ques forment des ensembles cohérents et non pas une juxtaposition artificielle de chercheurs, de commerciaux et de financiers, comme le croient leurs détracteurs. Le laboratoire de l'étude contre placebo constitue le centre stratégique qui distribue l'ensemble des rôles et des fonctions. Pour cela, il va inverser certaines fonctions. Les scientifi-ques doivent travailler en ayant comme préoccupation les données économiques afin de justifier leurs projets de recherche, leurs travaux et donc leurs demandes budgétaires, alors que les responsables du marketing ont en permanence comme préoccupation la mise en avant des qualités scientifiques de leurs produits. Chacun se livre, avec les arguments élaborés par l'autre, à l'invention du médicament comme objet capable de tenir à la fois scientifiquement et socialement, d'une seule pièce. Il existe ainsi une sorte de marché interne à l'entreprise entre l'amont et l'aval du laboratoire de l'étude contre placebo. Et ce marché crée un lien. Les entreprises pharmaceutiques forment des en-sembles cohérents. Ainsi, des formules comme « besoin médical » et « création de marché » ne sont contradictoires qu'en apparence. Elles permettent en fait de parler de deux moments de ce mécanisme qui capte et redéfinit les objets médicaments et les pathologies sans qu'ils soient opposables l'un à l'autre parce qu'il n'y a pas d'un côté la science et de l'autre le social, mais que l'un et l'autre s'inventent simul-tanément.

Philippe Pignarre, Qu’est-ce qu’un médicament ? (1997)
 

 
 
                                                       
  PLAN DE COURS 


                              TSPH           FORMATION DE TECHNICIEN SUPÉRIEUR
                                                              DE PHARMACIE   


Niveau 1



 
  1. COMPÉTENCE
 
Exploiter les connaissances liées à la sociologie dans l’exercice des professions de la santé notamment dans l’applicabilité des compétences de techniciens supérieurs de pharmacie.
 
 
  1. ÉLÉMENTS DE COMPÉTENCE
 
Le technicien supérieur de pharmacie doit être en mesure d’identifier les principaux aspects des rapports entre la société et la santé, de même que les principaux déterminants sociaux de la santé. Il doit pouvoir établir les grandes lignes de l’évolution historique des soins de santé et décrire la structure générale du système de santé. Il doit saisir le contexte et les enjeux de certains problèmes actuels en matière de santé.
 
  1. FORMULES PÉDAGOGIQUES UTILISÉES
 
Le cours vise à amener le technicien supérieur de pharmacie à comprendre et analyser l'organisation et la prestation des soins comme des problématiques sociologiques. Il aborde, sous différents angles et points de vue, les thématiques « classiques » de la sociologie de la santé et de la médecine que sont notamment les politiques publiques, les inégalités de santé, les professions médicales, les relations patient-médecin, les pratiques de collaboration et de coordination interprofessionnelles et les mécanismes de prise de décisions médicales. Le cours offre une introduction à la compréhension du contexte social et culturel du Gabon afin de mieux outiller le technicien supérieur de pharmacie dans sa profession. Le cours aborde les grandes questions sociologiques d'un point de vue micro, méso et macrosociologique. Il vise à développer la capacité d'analyser la santé et les soins comme un objet sociologique : déviance, expérience, réseau, pouvoir ou inégalité.


 
  1. PROGRAMME DE COURS (CONTENU MODULAIRE)
 
  • Définition des concepts : Sociologie, Santé, Maladie, Médical, Sociologie de la santé ; les autres sciences sociales à savoir la psychologie et l’anthropologie
    1. Le Concept sociologie et de ses représentations
    2. L’objectif de la sociologie de la santé
    3. Les méthodes sociologiques
    4. Aperçu général sur les grands courants sociologiques
    5. Les normes et réseaux de comportement de santé
     
  • La sociologie-anthropologie de la santé
    1. L’historique de la maladie
    2. L’émergence de la médecine moderne
    3. Les déterminants sociaux de la santé
    4. Les interprétations sociales et culturelles de la santé et de la maladie
    5. La relation soignant-soigné
    6. L’hôpital comme organisation / fonction de l’hôpital
     
  • Les grands changements de la société gabonaise et de ses déterminants de la santé
    1. La transition démographique
    2. L’évolution de la famille gabonaise
    3. La transformation de la morphologie de la société gabonaise
    4. Le changement des valeurs sociales


     Références bibliographiques 
  • Annandale E., 1998, The Sociology of Health and Medicine : A Critical Introduction, Cambridge, Polity Press.
  • Annandale E., 2010, Changes in the editorial team and innovation at Social Science & Medicine, Social Science & Medicine, 71, 1219-1220.
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  • Nattrass N., 2011, Defending the boundaries of science : AIDS denialism, peer review and the Medical Hypotheses saga, Sociology of Health and Illness, 33, 4, 507-521.
     



     
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                          PLAN DE COURS




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